17 novembre 2009

Les ghettos

Les ghettos de Bruxelles Un député Groen écrit :

Je réside à Forest, tout près d’un quartier qui s’étend de la rue de Mérode jusqu’à la gare du Midi et que l’on ne peut décrire autrement que comme un ghetto, même avec le plus grand parti pris pour le multicuralisme.

Ma fille a depuis longtemps renoncé à entrer dans ce quartier. Histoire qu’elle s’y sente bien à l’aise, elle y a été très souvent (et une fois de trop) insultée. Je le traverse quotidiennement à vélo et y vis toujours une nouvelle aventure. Voitures stationnées en double file, conducteurs qui bloquent le carrefour pour parler entre eux, jeunes qui traînent et qui vous dévisagent comme si vous entriez dans leur domaine privé.

N’essayez surtout pas de prendre la parole lorsque vous manquez de peu d’être renversé : la dernière fois que je m’y suis risqué, j’en ai pris plein la figure de la part d’un observateur, lequel ne devait pas avoir 16 ans, qui conclut une tirade des plus blessantes par le message « Nique ta mère ». C’était encore moins grave que la fois précédente, lorsqu’un autre jeune conducteur maghrébin avait été vexé par mon comportement : j’avais osé prendre ma priorité. Son honneur avait été à ce point offensé qu’il ne pouvait, semble-t-il, le rétablir qu’en me crachant au visage…

Donc surtout : se taire. Parce que lorsque vous essayez d’expliquer que 70 km/h est une vitesse trop élevée en zone 30, vous heurtez de front la dignité d’un jeune nouveau Belge qui ne peut pas supporter que quelqu’un lui interdise quelque chose et qui est déjà prêt à en découdre.

Il y a une vingtaine d’années, j’étais convaincu que les jeunes nouveaux Belges seraient rapidement assimilés. Mais maintenant, à Bruxelles, a grandi une génération de « rebels without a cause », qui se sent toujours dépitée et lésée. Qui ne doit répondre de rien, c’est toujours la faute d’autrui : de l’autorité, des Belges racistes. Et à l’intérieur de leur propre famille, les jeunes garçons maghrébins sont intouchables. Lorsque la police a arrêté un jeune à Molenbeek, le père a immédiatement organisé une manifestation parce que son fils « ne volerait pas même une pomme ».

L’année passée, une étude de l’ULB a montré que les efforts déployés par les autorités dans les quartiers à problèmes ont fait en sorte que les jeunes ne voient plus la nécessité de les quitter. Ainsi se crée un esprit de village dans une grande ville.

La fille d’amis marocains a un petit ami belge. Elle ne sort jamais avec lui dans ce quartier, parce qu’elle y est immédiatement apostrophée. Car pratiquement tous les jeunes allochtones ont beau avoir la nationalité belge, ils ne s’identifient aucunement à ce pays. Bien au contraire : « Belge » est une injure…

Vous ne rencontrez pratiquement jamais de jeunes femmes seules dans le quartier. Et encore moins dans les tavernes : elles n’y sont même pas tolérées. Lorsqu’une collaboratrice de la commune y commanda un café, on lui fit très vite comprendre qu’elle ne devait pas compter être servie. Lorsque j’entre à vélo dans le quartier Mérode, je sais que jusqu’au delà de la gare du Midi , je n’apercevrai pas une seule femme à une terrasse de café. Et je ne parle même pas encore de la morale sexuelle hypocrite qui exige que les jeunes femmes allochtones restent vierges jusqu’à la nuit nuptiale, alors que chacun sait que les hôpitaux bruxellois réparent l’hymen par une simple opération…

Jusqu’à la semaine passée, un artiste franco-marocain présentait une exposition remarquable à Bruxelles : une série de tapis de prières avec des chaussures. La galerie d’art fut immédiatement la cible de menaces téléphoniques, la vitrine devant l’œuvre fut souillée et endommagée. L’agitation fut suscitée par une paire de chaussures rouges à talons hauts exposée près d’un tapis de prières. C’est ainsi que l’artiste voulait aborder la question de « la place de la femme dans l’islam ». Mais ce n’est déjà plus possible à Bruxelles : l’exposition fut démontée après quelques jours.

Nous devons peut-être nous demander pourquoi nous avons accepté que des principes comme la liberté de l’artiste et l’égalité des droits des hommes et des femmes ne s’appliquent pas à tous dans ce pays.

Pourquoi n’osons-nous pas nous lever pour ce qui est au fond essentiel : le respect des lois et des valeurs du pays dans lequel nous vivons ? Interdire le port du foulard n’est pas une solution. Mais pourtant, comment faire comprendre avec force que nous osons défendre ce que nous considérons comme important ? Nous devons peut-être y réfléchir.

Le mérite de la gauche fut de réclamer plus d’attention pour la discrimination et l’exclusion sociale. Le problème est malheureusement plus profond : nous avons eu peur d’être accusés d’imposer nos valeurs aux allochtones. Ces valeurs me sont bien trop chères pour les laisser se perdre.

 

 

 

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