03 août 2010

L’implosion est-elle pour bientôt

L’implosion est-elle pour bientôt ? La Belgique comme laboratoire de l’Europe de demain

Bart De Wever, quant il était jeune, mince ... et lepeniste !

Bart De Wever, quant il était jeune, mince ... et lepeniste !

Le scrutin du 13 juin dernier, a vu dans la partie flamande de la Belgique, les indépendantistes de la Nieuw-Vlaamse Alliantie arriver largement en tête (27,8 % des voix auxquelles il faut ajouter le score du Vlaams Belang soit 12,3 %). Leur leader, Bart De Wever, qui se déclare un chaud partisans de l’Union européenne, a juré la mort de la Belgique. Républicain il se qualifie de « patriote flamand » et prône l’« évaporation » de l’État Belge, en attendant cette étape ultime il propose une Belgique confédérale, où les régions auraient plus de pouvoir que le gouvernement central, réduit à ne s’occuper que la défense et des affaires étrangères.

Ce qui se passe chez nous  n’est pas anodin, tout au contraire, comme en Italie du Nord, les événements politiques qui s’y déroulent donnent un avant-goût de ce que pourrait bien être l’Europe de demain : des grandes régions indépendantes étant venue à bout des États-Nations et membres à part entière, sans intermédiaire, de l’Union européenne.

Ce danger, quatre jeunes intellectuels belges, originaires des trois communautés (flamande, wallone et germanophone) : Quentin Martens, Louis-Alfons Nobels, Antoine de Lame, Sandrine Siegers l’ont bien cerné dans un manifeste titré « L’art d’être belge » et publié le même jour dans la presse francophone et néerlandophone. Que nous disent-ils ? « Avec sa mixité, sa diversité de cultures – la rencontre des mondes latin et germanique – et ses richesses linguistiques, la Belgique a été et reste un des laboratoires de l’Europe. Depuis toujours, nous sommes un carrefour de civilisations. (…) Ce qui se passe en Belgique, la méfiance de l’autre et le repli sur soi, est la boîte de Pandore de tous les Etats membres de l’UE. Les minorités linguistiques existent partout en Europe, à l’exception du Portugal. Demain, ce seront l’Écosse, la Catalogne, les minorités slovènes en Autriche. Si nous ne sommes pas capables de vivre ensemble, qui en Europe l’est encore ? »

 Cette analyse, le journaliste liégeois Régis Mex la partage totalement dans son article « La Belgique, une victime du Nouvel ordre mondial ? » (AlterInfo 11 juin 2010). Il va même plus loin : « Comme le souligne avec beaucoup de justesse un des membres du « groupe de Warande »[une association d’hommes d’affaires, de journalistes et de professeurs d’université flamands], Rémi Vermeiren : « Vu le nombre croissant de compétences européennes d’une part, et de compétences régionales d’autre part, il ne reste en fin de compte plus tant que ça de la Belgique. » Ces propos sont en fait valables pour l’ensemble des pays de l’Union européenne. En effet, nous assistons à l’édification d’un État européen parallèlement à la délégation de pouvoirs politiques, financiers, administratifs, etc., aux régions, ces dernières traitant de plus en plus avec l’autorité supranationale de Bruxelles. Entre ces deux pôles, l’État national est pris dans un véritable étau. Vidé de sa substance, l’État belge n’est plus en mesure de freiner l’implosion du pays. »

Quand à l’universitaire Chems Eddine Chitour, sa vision des choses développée dans « Néolibalisme et états-nations : la Belgique premier maillon faible » (Mondialisation.ca, 18 juin 2010) est elle aussi concordante : « La Belgique est un laboratoire ! Tout ce qu’il s’y passe n’est pas anodin et est à mettre en lien avec le projet d’un nouvel ordre mondial qui est dans son étape « assassinat des Etats-nations ». Cette crise programmée va générer un chaos réorganisateur comme le disait Condoleezza Rice. Ce qui se passe en Belgique semble être une « expérience de masse » qui ne doit pas nous être indifférente. A qui le tour ? Pour que rien ne s’oppose au néolibéralisme qui n’a rien à faire des États-nations faibles, s’intéressant surtout aux consommateurs, les États doivent disparaître au profit d’entités plus « flexibles ». L’Occident a adoubé sans coup férir la partition de la Yougoslavie, puis de l’Irak, et encourage l’atomisation d’autres puissances au nom, en théorie, de la liberté des peuples. (…) On l’aura compris, le seul but des puissances financières dirigeant le néolibéralisme est, de mettre à genoux les États, ces entités empêchant leur mainmise totale sur le monde. (…) Les pays ayant en leur sein des particularismes régionaux (Pays basque, Corse, Sardaigne, etc.)  ont du mouron à se faire si l’exemple de la Belgique venait à être contagieux, au nom de la liberté des peuples, c’est-à-dire en définitive de l’évaporation des Nations que Renan définissait comme « le désir de vivre ensemble » ».

En attendant cela, les activistes du nationalisme flamand ont délaissé le combat contre l’immigration extra-européenne pour se concentrer sur le voisin francophone.

Ce qui fait que, comme le relève, dans « La Belgique au bord du chaos », notre confrère Nations Presse Magazine, « Depuis quelques temps, un vent mauvais souffle contre les Belges d’expression française, accusés de tous les maux. » Et de citer des exemples confondants de racisme et de ségrégation. Ainsi dans certaines communes, les élus démocrate-chrétiens et flamands ont négocié avec des promoteurs immobiliers pour qu’ils n’installent pas de francophones chez eux. Dans des villes proches de la frontière linguistique, les Flamands font disparaître les panneaux de rues en français, tout comme dans certains quartiers bruxellois. L’office de l’emploi flamand, publie des offres dans lesquelles il est spécifié qu’il faut aussi être « né en Flandre » en, plus de parler couramment le flamand. Etc.

Et l’auteur de l’article de relever que « depuis quelques mois, les pressions sur les Wallons et la politique francophobe que certaines municipalités flamandes de l’arrondissement de Bruxelles exercent contre ceux qui parlent mal ou peu le flamand ressemblent à s’y méprendre aux méthodes de purification ethnique larvée utilisées par les extrémistes pan-albanais au Kosovo-Métochie contre les Serbes pour les y chasser. »

En Espagne, les excès du fédéralisme ont suscités la naissance d’un grand mouvement populaire l’Unión progreso y democracia, un parti qui refuse de se définir comme de gauche ou de droite et qui vise à défendre les liberté des citoyens face aux communautés autonomes (nous vous en avions parlé dans le n° 1 de Flash). En Belgique, la réaction se fait encore attendre, mais signe peut-être d’un frémissement, la Belgische unie – Union belge, le parti unitariste belge a nettement amélioré ses scores lors des dernières élections.Le FN est toujours vivant pour prendre sa place en wallonie

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