13 août 2010

Le Pen et Gollnisch, "l'Internationale nationaliste"

Le Pen et Gollnisch, "l'Internationale nationaliste"

 
Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch sont au Japon. Pas en vacances mais bien en visite à la « première conférence internationale des nationaux, des patriotes, des défenseurs des identités. » Les réjouissances débutent jeudi et se termineront vendredi.

Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch © SIPA C'est un rassemblement inédit et plutôt étonnant : la première conférence internationale des nationalistes. L'initiative est japonaise et vient de l'organisation d'extrême-droite Issuikai, qui ne compterait pourtant que quelques dizaines de membres.

 Surtout, Issuikai s'oppose à la présence américaine dans l'archipel nippon et prône des théories controversées. Elle estime notamment que l'ampleur du massacre de Nankin est exagérée et doute du « caractère forcé » de la prostitution des « femmes de réconfort », ces 200.000 Asiatiques, essentiellement coréennes qui servirent de « filles à soldats » à l’armée nippone.

« Patriotes de tous les pays, unissez-vous ! »

 L'idée du rassemblement internationale a plu. Plusieurs partis européens, qui comptent, eux, bien plus que quelques dizaines de membres, ont répondu à l'invitation. C'est le cas du British National Party, du FPÖ autrichien, du Vlamms Belang flamand ou encore du Jobbik hongrois, et donc du Front national. Ils plancheront sur des thèmes tels que « les problèmes de l'Union européenne, l'impact de la globalisation sur la souveraineté des Etats, l'identité » ou encore les tentatives de diabolisation de leur action par leurs adversaires. Une déclaration commune devrait être adoptée. L'occasion de mettre en pratique l'une des déclarations de Jean-Marie Le Pen : « Patriotes de tous les pays, unissez-vous ! »

Les participants auront également l'opportunité de faire un peu de tourisme culturel. Le Pen, Gollnisch et les autres leaders devraient ainsi se retrouver le 15 août, jour anniversaire de la capitulation du Japon, au sanctuaire Yasukuni de Tokyo. Une visite qui fera sans doute polémique, notamment en Chine ou en Corée puisque c'est dans cet endroit que sont honorés les quelque 2,5 millions de soldats japonais morts au combat dont, entre autres, quatorze criminels de guerre de classe A. Selon Bruno Gollnisch, il n'y a pas de problème : « Nous n’allons pas faire l’apologie de la politique impérialiste qui a été celle du Japon il y a 70 ans. Nous rendons hommage au courage malheureux de soldats, fussent-ils dans le camp adverse. »

Gollnisch, opération présidence

Au delà de l'hommage, l'escapade japonaise pourrait surtout servir à un rapprochement du Front national avec d'autres partis de l'extrême droite européenne, notamment le FPÖ autrichien du défunt  Jörg Haider et le Vlamms Belang flamand. Depuis plusieurs années, ces organisations préfèrent en effet s'afficher aux côtés d'associations françaises groupusculaires et nettement plus radicales comme la Nouvelle Droite Populaire de Robert Spieler et Roland Hélie ou encore le Bloc identitaire, inventeur de la soupe identitaire, distribuée aux pauvres mais interdite aux musulmans car à base de porc.

L'occasion est donc belle pour le FN. Elle l'est également pour Bruno Gollnisch, vice-président qui voudrait devenir calife à la place du calife, de se rapprocher de Jean-Marie Le Pen. Très présent sur la scène politique française dans le débat sur la déchéance de la nationalité, Gollnisch joue cette fois la carte internationale. Avec un même objectif : reprendre un peu du terrain perdu sur Marine Le Pen en vue de la succession du leader frontiste.

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