18 août 2010

Une lettre historique

Une lettre historique

ROGER HOLEINDRE Président du Cercle National des Combattants

 LETTRE OUVERTE Á M. JAMEL DEBBOUZE ET Á SES AMIS ACTEURS

ET CINÉASTES ! 
 

 Messieurs…

 
Vous avez presque tous la double nationalité. En grande majorité
néanmoins, vous êtes nés en France… Vous avez acquis des métiers
 prestigieux, en France, et pour certains d’entre vous, vous avez fait fortune…
 en France. Alors, une question lancinante m’obsède jour et nuit :
 Vous êtes bien ici de votre plein gré ? Personne ne vous a obligé à venir
 chez nous ? et personne ne vous empêche de repartir ?
 
Si vos parents ont cru bon de quitter leur pays d’origine pour s’installer sur
le territoire français, c’est bien parce qu’ils savaient que leur vie, dès lors,
 et celle de leurs enfants, seraient meilleures ici qu’outre Méditerranée ?
Alors, dans vos films, pourquoi cette hargne, cette volonté constante de vouloir “
touiller” le pus des plaies de notre Histoire, en faisant toujours porter le
 principal des fautes par la France ?
 
 Dans le film « Indigènes », tout n’était pas mauvais, mais l’esprit était faux.
Vous avanciez comme argument “massue” le fait que la retraite de ces soldats
était ridicule. C’est vrai : Mais elle l’est pour tous les soldats, car il y a la
 retraite du combattant … et la retraite pour 15 ans de service minimum .
 Elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre. A titre d’exemple : Moi, j’ai été
résistant, j’ai fait 3 séjours de guerre en Indochine, plus l’Algérie. Je suis
 médaillé militaire, j’ai plusieurs citations ; j’ai été 2 fois blessé au combat,
et je touche 212,19 € de pension tous les 6 mois, soit environ 35 € par mois ,
 et je n’ai même pas la Légion d’Honneur ! Les troupes Nord africaines n’ont
 jamais été « la chair à canons » comme vous voulez toujours le laisser
entendre. Vous oubliez sciemment les 170 000 pieds-noirs qui, avec les
indigènes, presque tous volontaires, composaient l’Armée d’Afrique.
 Les unités d’élite “ blanches ” ont payé plus que le prix du sang et
de l’honneur. Vous n’êtes pas sans savoir que, le 7 février 2010,
 le Parlement algérien a déclaré qu’il allait faire adopter une proposition de loi,
“criminalisant ” les 130 années de présence française en Algérie.
 
Le sieur Bouteflika compte pour cela demander des milliards d’euros
 de dédommagement à la France, avec en plus… des excuses…de la repentance…
le reniement de tout ce qui fut notre passé. En voilà assez ! Il vous faut donc
 savoir quelle est votre position quand la France est ainsi attaquée, bafouée.
Il vous faut, que vous le vouliez où non, choisir votre camp ! Vous ne pouvez
 pas… être ici… et là-bas, tout du moins en paroles ! Le dernier film de
M. Rachid Bouchareb, « Hors La Loi » commence, lui, par des erreurs
flagrantes, des oublis, des affirmations qui sont des contrevérités
 historiques. Ce monsieur sait ce qu’il fait, ce qu’il dit. Ne déclarait-il pas
 le 21 juin 2009 au journal El-Watan à Alger… vouloir « rétablir la vérité
historique » et ainsi… « déballer tout » à travers ce long métrage de 2h30,
dont 25 minutes seraient consacrées aux évènements du 8 mai
 à Sétif et Kerrata (Oui 25 minutes !). A Sétif, tout a commencé par
des mini échauffourées, des défilés revendicatifs, et ce dès le 1 er mai 1945.
 Tout avait été programmé par le congrès des « Amis du manifeste algérien »,
 car le FLN n’existait pas alors. De marche pacifique en marche… de la dignité ,
 tout a basculé dans le drame avec les tueries et les atrocités, le 8 mai 1945,
 et cela au nom du Djihad, aux cris de « Á bas la France »,
 « Vive l’indépendance ». Le commissaire de police Oliviéri , débordé,
 jeté au sol par les émeutiers, a tiré en l’air pour se dégager. En l’air !
Pas dans le tas ! Ce qui transpirait alors c’était la haine du roumi mise au goût
 du jour par la radio du Caire depuis des semaines. Cela donna des scènes
de violences inouïes, de mutilations effroyables, n’épargnant ni les femmes,
 ni les enfants en ce jour de fête de la Victoire, au milieu des hurlements
 hystériques et des “youyous” des femmes. C’était la folie ! Jusque dans les
maisons envahies… les Européens furent éventrés, émasculés, les femmes et
 les fillettes violées ! Les bébés découpés en morceaux à la hache !Dans la
 foulée, aux 400 Européens dont 300 femmes et enfants massacrés,
s’ajoutaient déjà 800 musulmans, connus pour leur amour de la France,
 dont de nombreux anciens combattants forcés d’avaler leurs médailles !
Oui, la réaction des civils fut anarchique et sanglante, mais n’était-ce pas
 ce que voulaient les instigateurs de la révolte ? Car ils étaient seuls !
 Á cette époque, l’Algérie était presque totalement dépourvue de troupes.
 Dans les jours qui suivirent ce furent en partie des unités musulmanes en
formation qui rétablirent l’ordre, alors qu’ailleurs, souvent, des ouvriers arabes
sauvaient leurs patrons. Quand l’armée intervint en plus grand nombre,
10 000 armes furent récupérées ! Voilà messieurs, les vérités que votre film
escamote ! Si vous désirez la liste, les massacres que par la suite le FLN
perpétua, bien souvent sur des musulmans qui refusaient de renier la France,
 je me tiens à votre disposition pour ce faire.
 
 En voici déjà quelques exemples… El Halia … hommes, femmes, enfants,
 débités à la hache, le 20 août 1955 , rien que des ouvriers, des mineurs,
 chrétiens et musulmans. Des bébés cloués sur les portes des granges avec
des pioches . Le massacre de Palestro le 18 mai 1956 , où des appelés
 tombés dans une embuscade ont été non seulement tués, c’était la guerre,
 mais mutilés, les yeux crevés, le sexe tranché mis dans la bouche, le ventre
ouvert. Le massacre de Melouza, le 28 mai 1957 , où toute la population
 musulmane de la Mechta-Kasba fut exécutée par le FLN, 300 cadavres
et 150 blessés , du seul fait qu’ils appartenaient au MNA, mouvement politique
 concurrent, mais “nationaliste”. Les noms de tous ces lieux où furent perpétrés
 des attentats horribles restent gravés dans les mémoires de tous
 les pieds-noirs, de tous les musulmans qui servirent la France, de tous
 les soldats qui firent leur devoir ! C’est-à-dire tous ceux que le dépravé
ministre Frédéric Mitterrand , ose traiter, dans Le Parisien , de nervis
d’extrême droite … une saloperie de plus ! Ajoutant que ce film n’est pas
 historique, mais une fiction ! Mes souvenirs, eux, ne sont pas une fiction !
J’entends encore comme une longue litanie, au milieu des corps déchiquetés
baignant dans des mares de sang, des pieds, des jambes, des bras,
des têtes, des tripes… étalées partout… éclaboussant les murs… les cris et
 les pleurs de gens du peuple, hébétés, hommes rudes en pleurs, gamines
mignonnes dans leur robe de bal, devenant folles de douleur ! Rendons donc
hommage à toutes ces victimes innocentes que vous et vos amis oubliez… du
stade municipal d’Alger, du stade d’El-Biar, du casino de la Corniche,
 du Clos Salembier, d’Hussein-Dey, de la Redoute, de la Casbah et de tous
 ces quartiers d’Alger qui virent périr des centaines de martyrs. Il aura fallu
que la télévision française ose ( et elle a osé ) donner une tribune à toutes
ces poseuses de bombes. Certaines vivent chez nous, en France, comme vous
 messieurs, mais aucune d’elles n’a fait preuve du moindre regret, du moindre
remord, ne serait-ce que vis-à-vis du piètre résultat, du calamiteux résultat
de l’INDÉPENDANCE ALGÉRIENNE . Qu’ont donc fait les dirigeants algériens
 de l’Algérie prospère… que De Gaulle leur a donnée… avec en plus, en prime,
 le Sahara, son gaz et son pétrole… qui n’ont jamais, jamais, été algériens.
 Le remerciement fut le massacre de 100 000 harkis… soldats français,
et l’enlèvement de milliers d’Européens, dont certains seraient, aujourd’hui,
 toujours vivants. M. Bouteflika ose comparer la présence française en Algérie
 à l’occupation allemande en France ! A ma connaissance, au départ des troupes
du Reich, 5 millions de Français ne sont pas partis s’installer en Allemagne.
Pour mes amis et moi-même, la guerre d’Algérie est terminée, le peuple
algérien est indépendant… les problèmes de l’Algérie sont ses problèmes.
Si nous refusons la repentance, nous refusons aussi qu’il soit dit et écrit que
cette guerre, que notre armée a gagnée militairement, fut un combat sanglant
entre l’armée française et la totalité de la population d’Algérie .
Cela est faux ! Comme le reste ! Messieurs, je ne vous salue pas, je vous
 plains. 

 

 

 

 

18:59 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Les commentaires sont fermés.